L’élève « bougeotte »!

On le reconnaît dès son entrée dans le local : il sautille en enlevant ses bottes, ses mains touchent à tout, et rester assis pour la collation semble pour lui une épreuve digne des Jeux olympiques! Pour le personnel éducateur, l’élève « bougeotte » représente un défi quotidien.

Pourtant, ce n’est pas de la mauvaise volonté. Pour cet élève (qu’il vive avec un TDAH ou qu’il ait simplement un grand besoin moteur), bouger est une stratégie de régulation. Son cerveau a besoin de mouvement pour rester alerte et attentif.

Élève bougeotte
Accompagner plutôt que réprimer : le mouvement comme besoin fondamental.

Comment l’accompagner sans y perdre votre énergie?

Voici quelques stratégies :

Changer de lunette : le mouvement est un besoin

La première étape est intérieure. Au lieu de percevoir l’agitation comme de l’indiscipline, voyez-la comme un besoin sensoriel. Quand l’élève s’agite, son corps envoie un signal : « J’ai besoin d’activer mes muscles pour rester concentré ». En changeant votre perception, vous passez du mode « confrontation » au mode « accompagnement ».

Aménager un environnement propice au mouvement

On ne peut pas éteindre le moteur d’un élève qui carbure au mouvement ; on peut seulement lui apprendre à mieux diriger son énergie.

Le soutien à l’autorégulation : Si votre budget le permet, quelques ballons-exercices ou des coussins d’air instables font des miracles.

L’astuce « Pas chère » : Attachez un gros élastique robuste aux deux pattes avant de sa chaise. L’élève pourra pousser dessus avec ses pieds pour libérer sa tension motrice tout en restant assis à sa place.

La technique des petites missions (responsabilisation)

Rien ne calme mieux un élève « bougeotte » que de se sentir utile et important. Transformez son besoin de bouger en responsabilisation.

« Hugo, j’ai besoin de toi pour porter ce message à Madame Sophie. »

« Sara, peux-tu m’aider à distribuer les gourdes d’eau ? »

Intégrer des pauses actives

N’attendez pas que l’élève « explose » pour lui permettre de bouger. Intégrez de courtes pauses de mouvement (pour lui ou pour tout le groupe).

Le défi des 30 secondes : « Avant de s’asseoir pour le dîner, on va pousser le mur avec nos mains le plus fort possible ! »

Outils de manipulation : Proposez des objets texturés (balles antistress, élastiques, petits objets à manipuler) pour occuper les mains pendant les consignes. Si elles sont à la disposition des élèves, quiconque peut en utiliser : cela aide le cerveau à filtrer les distractions.

Une consigne à la fois…

L’élève « bougeotte » se perd souvent dans les explications trop longues.

La règle d’or : Donnez peu de consignes à la fois. Une seule consigne si possible.

Le repère visuel : Assurez-vous d’avoir un contact visuel ou demandez-lui de répéter brièvement ce qu’il doit faire. L’utilisation de pictogrammes simples au mur aide aussi l’élève à se situer sans avoir à vous redemander sans cesse « On fait quoi après ? »

La zone de transition active en fin de journée

Rappelez-vous que le service de garde commence au moment précis où l’élève vient de passer plusieurs heures à mobiliser toute son énergie pour rester calme en classe. Sa « batterie de volonté » est souvent à plat.

Le besoin de décharger : Plutôt que d’exiger le calme immédiat, voyez cette période comme une soupape de sécurité. C’est le moment idéal pour permettre un temps de jeu libre ou moteur (au gymnase ou à l’extérieur).

En offrant cette zone de transition où le mouvement est permis et encouragé, vous permettez à l’élève d’évacuer sa tension accumulée. Résultat ? Il sera beaucoup plus disposé et attentif lorsque viendra le temps des activités plus structurées ou de la période des devoirs.

L’élève « bougeotte » est souvent celui qui possède la plus grande créativité et le leadership le plus naturel. En adaptant nos interventions, on ne fait pas que « gérer » l’agitation : on permet à cet élève de s’épanouir et on s’offre, à nous aussi, un climat de travail beaucoup plus serein.

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