Survivre au mois de mars en restant zen !
Nous le savons tous : mars n’est pas un mois ordinaire : c’est une épreuve d’endurance ! Ce n’est pas qu’une histoire de bottes de pluie et de vestiaires boueux, c’est cette période charnière où le chaos semble s’infiltrer partout, du gymnase qui résonne un peu trop fort jusqu’aux couloirs où les émotions sont à fleur de peau.
C’est le moment de l’année où la fatigue accumulée rencontre l’agitation préprintanière, et où la patience de chacun — petits et grands — est testée chaque minute. Pourtant, c’est précisément dans ce tourbillon qu’il est possible de cultiver des îlots de calme pour ne pas s’y perdre.
Pourquoi tout semble exploser en mars ?
Le personnel de garde scolaire porte une charge monumentale en cette période, car le défi est multidimensionnel :
- Le paradoxe de la semaine de relâche : Cette semaine est nécessaire, mais elle fragilise les routines. Le “pré-relâche” est électrique, et le “post-relâche” demande une énergie incroyable pour rétablir le cadre.
- L’épuisement des réservoirs des élèves : Après six mois de routine, la capacité d’autorégulation des élèves semble à plat. Les petits accrochages de septembre deviennent les grandes crises de mars.
- Le trop-plein sensoriel du personnel éducateur : Entre la météo instable qui limite les sorties et le niveau sonore qui grimpe en milieu fermé, leurs sens sont sollicités au-delà de leur limite habituelle.
- Les défis du personnel technicien : En plus de s’assurer de la qualité éducative du service, le mois de mars est aussi fréquemment une période administrative intense. S’ajoute un autre poids sur leurs épaules ; celui de veiller au maintien de relations harmonieuses au sein de l’équipe, ce qui devient particulièrement délicat lorsque la fatigue collective fragilise les échanges.
Les rôles de tous se rejoignent sur un point essentiel : pour épauler efficacement les collègues et les élèves, nous devons d’abord préserver notre propre équilibre. Cultiver son énergie n’est pas optionnel ; c’est le levier professionnel indispensable pour maintenir un climat d’harmonie et de bienveillance.
Techniques de survie pour protéger votre énergie.
Pour demeurer un pivot solide dans le tumulte, il est important de protéger votre propre système nerveux avant de pouvoir calmer celui des autres. Voici quelques petits outils pour vous aider :
L’ancrage des 5 sens : En plein milieu d’une période mouvementée, identifiez mentalement 5 choses que vous voyez, 4 bruits que vous entendez et une sensation physique (vos pieds bien ancrés au sol). Cela coupe court à la montée d’adrénaline.
La microbulle sensorielle : Changez votre focus visuel pendant 15 à 20 secondes. Fixez un point neutre au loin, au-dessus de la tête des élèves ou par une fenêtre, en relâchant consciemment votre mâchoire et vos épaules. Ce bref « retrait » visuel permet à votre cerveau de prendre une pause du bombardement de stimuli (mouvements, couleurs, bruits) avant de replonger dans l’action.
L’expiration libératrice : Pour calmer le rythme cardiaque après une intervention intense, inspirez sur 4 temps et expirez très lentement par la bouche sur 8 temps, comme si vous souffliez dans une paille.
Outiller les élèves pour transformer le chaos en apprentissage
Puisque l’agitation est là, utilisez-la comme laboratoire pour montrer l’autorégulation.
Le radar à émotions :
Avant chaque transition (ex. : retour du gymnase), faites un arrêt. « On numérise notre radar : qui sent de l’électricité dans ses jambes ? ». Nommer l’état ressenti réduit souvent l’intensité du geste impulsif.
Le thermomètre des émotions :
Affichez un thermomètre visuel. Au début d’une période, demandez aux élèves de placer leur “curseur” (une pince à linge à leur nom). S’ils sont dans le “rouge”, proposez-leur un coin calme avec des livres ou des manipulations tactiles avant de joindre le grand groupe.
Le jeu de la Statue de Sel : (pour les plus jeunes)
Faites bouger les élèves de façon intense (danse, sauts), puis au signal, ils doivent s’immobiliser totalement et se concentrer sur leur souffle qui ralentit. C’est une bonne façon de pratiquer le passage de l’excitation au calme.
Le Hack du 4-7-8 : (pour les plus grands)
Cette technique de “respiration tactique” est utilisée par les athlètes de haut niveau et les plongeurs pour forcer leur système nerveux à passer du mode “stress” au mode “performance”. Expliquez-leur que c’est le code secret pour forcer le cerveau à se calmer en moins d’une minute. Inspirez 4 secondes, retenez 7 secondes, et expirez 8 secondes. C’est l’outil ultime pour reprendre le contrôle avant une explosion.
On lâche pas !
Le mois de mars finira par passer, laissant place à la douceur d’avril. D’ici là, rappelez-vous que vous pouvez rester debout dans le chaos. En prenant soin de votre propre “état zen”, vous offrez aux élèves le plus beau des modèles : celui d’un adulte qui sait naviguer dans la boue sans perdre son sourire.
Bon mois de mars à tous




